Vous êtes ici : Accueil > Secteurs > Industrie minérale > Cimenteries
 
Cimenteries
 

Installations classées du secteur

Rubriques de la nomenclature : 251525172520 - 167c
Arrêtés types : 25152517



Références réglementaires

false

Contexte, enjeux et problématique

Le ciment est un matériau de base dans les secteurs du bâtiment et du génie civil. La production mondiale de ciment (plus de 1500 millions de tonnes en 2005) progresse régulièrement depuis le début des années cinquante et explose actuellement dans les zones en plein développement comme l’Asie. La production européenne représente environ 12% de la production mondiale et comptait en 1995 près de 252 usines de fabrication de clinker et de ciment fini (38 usines en France) ainsi que 68 stations de broyage non équipés de fours (5 stations de broyage en France).

Le ciment est une poudre finement broyée, non métallique et inorganique, qui est obtenue à partir de calcaire et d’argile… La réaction chimique de base commence avec la décomposition du carbonate de calcium (CaCO3) en chaux (oxyde de calcium, CaO) accompagnée d’un dégagement de gaz carbonique à environ 900°C. Ce processus appelé calcination est suivi de la cuisson du clinker ou clinkérisation pendant laquelle l’oxyde de calcium réagit à haute température (entre 1400°C et 1500°C) avec la silice, l’alumine et l’oxyde ferreux pour former des silico-aluminates de calcium composant le clinker. Celui-ci est ensuite broyé et mélangé à du gypse et à d’autres constituants ce qui permet d’obtenir le ciment.

Il existe 4 grands procédés de fabrication du ciment : la voie sèche, semi-sèche, semi-humide et humide. Le choix du procédé dépend dans une large mesure de l’état des matières premières (sèches ou humides). Une grande partie de la production mondiale est toujours fabriquée en voie humide. Cependant en Europe, plus de 75% de la production est fabriquée en voie sèche en raison de la disponibilité de matières premières sèches

L’industrie du ciment est une industrie à forte consommation d’énergie ; son coût représente 30 à 40% des coûts de production (non compris les coûts d’investissement). Le premier combustible utilisé est le charbon mais il est fait appel à une large gamme de produits dont le coke de pétrole, le gaz naturel et le fioul. Outre ces combustibles, l’industrie du ciment brûle depuis 10 ans différentes sortes de déchets (pneus usagés avec un agrément spécifique, déchets industriels à potentiel calorifique intéressant, farines animales etc.).

2Risques et nuisances / meilleures technologies disponibles 2

Le point majeur réside dans les émissions polluantes. Les principaux rejets sont les émissions des fours ; les cimenteries sont de grands producteurs de CO2 qui est produit par la réaction de calcination du Ca CO3 et la combustion.
La directive IPPC (Prévention et réduction intégrées de la pollution) contient la liste générale des principaux polluants atmosphériques à prendre en compte pour fixer les valeurs limites d’émission. Les principaux polluants sont :

  • Les oxydes d’azote (NOX) et autres composés azotés,
  • Le dioxyde de soufre (SO2) et autres composés soufrés,
  • Les poussières.

On peut y ajouter :

  • Le monoxyde de carbone (CO)
  • Les composés organiques volatils (COV)
  • Les dioxines et furannes (PCDD et PCDF)
  • Les métaux et leurs composés,
  • Le HF, HCL…

Les principales sources d’émissions de poussières sont donc les fours, mais aussi les stations de broyage de matières premières, les refroidisseurs à clinker et les broyeurs à ciment. La conception et la fiabilité des filtres électrostatiques et des filtres à manches modernes ont permis d’abaisser les émissions de poussières à des niveaux relativement bas (inférieurs à 10 mg/m3).
Alors que les mesures de réduction des poussières sont largement appliquées depuis plus de 50 ans et que la réduction du SO2 est spécifique à chaque usine (notons qu’une bonne partie du SO2 est piégée dans le procédé), la question des NOX est une question relativement nouvelle pour l’industrie cimentière. La conduite du procédé est optimisée et des brûleurs bas NOX sont développés. Ces mesures primaires générales devront probablement être complétées par des mesures complémentaires, plus complexes, sur les procédés tels que la réduction non catalytique sélective etc.
Les autres nuisances ou risques d’une cimenterie sont liés au bruit, au traitement de déchets spéciaux, aux transports et approvisionnements, aux risques d’incendie ou d’explosion selon la nature des combustibles utilisés…

Il faut enfin signaler que toute cimenterie est associée à une carrière dans son voisinage pour les approvisionnements en matières premières et que par conséquent les mesures de prévention et de protection contre les nuisances de ce type d’installations sont à prendre en compte (protection des paysages, poussières, bruits, tirs de mines, protection des eaux superficielles et souterraines, déchets, transports et approvisionnements…)



Actions en cours sur le secteur

false